André Arbus, né à Toulouse le 17 novembre 1903, appartient à une vieille famille d'ébénistes toulousains. Il passe par l'École des Beaux Arts de Toulouse et dès 1925 il participe à l'Exposition Internationale, puis régulièrement, aux Salons des Artistes Décorateurs et d'Automne.
En 1932 il s'installe à Paris, reçoit la Bourse Blumenthal et fait une Exposition particulière à la Galerie des Quatre Chemins. A l'Exposition Internationale de 37, il présente « Une demeure en Ile de France », « La maison d'une famille française », un restaurant au Centre régional et plusieurs ensembles mobiliers. En dehors d'importantes participations aux Salons des Décorateurs, aux Expositions « Formes d'aujourd'hui », organisées par Art et Industrie, il présente en 39, la section française à l'Exposition Internationale de New York, et depuis 1950, il expose ses oeuvres de sculpteur aux Salons des Tuileries et d'Automne.
Conseiller technique de la Direction du port de Marseille, membre du Comité des Salons des Tuileries et des Artistes Décorateurs, du Conseil supérieur des Arts Décoratifs, André Arbus est professeur à l'École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs. Dans le même temps qu'il réalisait de nombreuses installations privées, André Arbus recevait d'importantes commandes de l'État : Ministère de l'Agriculture, Instituts de France à Bucarest et à Stockholm ; Salon du Palais du gouvernement à Dakar et, en collaboration avec Raymond Subes, décoration de la salle Médicis à Rambouillet et Grand Collier de la Légion d'honneur, etc.
Il a conçu et sculpté, en 50, le meuble à bijoux offert à S.A.R. la Princesse Elizabeth. Trois bustes d'André Arbus ont été acquis par l'État et deux de ses meubles sont l'un au musée d'Art Moderne, l'autre au musée de Malborough. Différentes compagnies maritimes lui ont confié la décoration de paquebots. André Arbus est chevalier de la Légion d'honneur depuis 49. André Arbus est un artiste aux multiples activités,' ébéniste par atavisme professionnel, décorateur par vocation, ses goûts le dirigent par une logique nécessité vers l'architecture et voici qu'il se révèle sculpteur. Son oeuvre d'une complexe fécondité est marquée, dans toutes ses expressions.
par un respect inné et volontaire pour la tradition. André Arbus, par l'étendue de ses connaissances et travaux, intimement lié à l'art de son temps, reste convaincu que certaines proportions, certains galbes, poussés à leur extrême perfection par de grands ébénistes, particulièrement du XVIIIe siècle, répondent à des règles immuables qui demeurent valables au xxe siècle. Cet amour pour de savantes harmonies de formes, ce goût pour les bois précieux et les délicats travaux de marqueterie, pour les ornements en bronze sculpté, donnent aux meubles d'André Arbus une élégance racée ou une somptuosité de bon aloi dont il ne renie pas les sources.
Cependant « la Maison d'une famille française » à l'Exposition de 37, l'essai de meubles de série, au Salon de l'Imagerie en 46, ou le prototype de chambre d'étudiant pour la Cité Universitaire, témoignent du rôle important qu'André Arbus pourrait assumer dans les actuelles et nécessaires recherches de solutions aux problèmes de l' habitat. Bien qu'il continue à concevoir et à exécuter des ensembles mobiliers de grande classe, l'architecte semble l'emporter sur le décorateur.
Depuis 46, en qualité de Conseiller technique de la Direction du Port de Marseille, il supervise, du point de vue esthétique, les bâtiments portuaires et dessine les Plans des Phares du Planier, du Château d'If, de Cassis et du Cap Couronné et étudie le nouvel urbanisme des Martigues tandis que, d'autre part, s'affirment, dans des oeuvres récentes, les dons du sculpteur.
André ARBUS semble appartenir à cette catégorie de notre espèce qui répond au nom heureux, de nos jours presque oublié, d'humaniste. Il n'est pas arrêté dans une seule branche d'activité ; ses dispositions diverses se soutiennent, et au motif plus précis de sa vocation il ajoute les apports de domaines voisins ; alors chaque objet, dépassant son terme matériel, se pare de charme spirituel.
De l'amalgame des conditions créatrices détachons d'abord l'élément de base de toute exécution, c'est-à-dire la science du métier. André ARBUS reçut une formation d'ébéniste à Toulouse, dans l'atelier où son père et son grand-père s'instruisirent sous la conduite de l'aïeul, le premier de la lignée des Arbus ébénistes, celui qui obtint son grade de maître ouvrier après avoir comme « compagnon » effectué son tour de France.
Lorsque notre auteur s'établit à Paris, en 1932, il possédait la compétence artisanale indispensable à l'élaboration et le contrôle des desseins de l'imagination.